savoir s'affirmer

Savoir s’affirmer

Il y a des agressions quotidiennes qui bouleversent nos vies, notre tranquillité d’esprit. Nous nous sentons bousculés, pressés, dévalorisés, humiliés, désarmés. Il est bon d’affirmer sa juste place, de faire entendre sa voix, pour être en paix avec soi-même et les autres, de se manifester clairement, et fermement.

  1. Inspirer le respect aux autres

    Il faut savoir reconnaître que les opinions, les sentiments, les envies de chacun, ont une valeur.
    Pour cela bien se connaître soi-même, éviter de croire que l’on est le centre du monde (susceptibilité extrême), ou que l’on n’est rien.
    Pour imposer le respect, il faut se respecter soi-même, s’accorder une juste valeur, ne pas se mésestimer (complexes et craintes de l’enfance), ni se surestimer.

    1. Les traces de l’enfance

      Le fait de se mésestimer remonte souvent à la période de l’enfance où l’enfant aura subit des complexes et des craintes.
      Il arrive qu’il se sente dévalorisé par ses parents : « tu n’es qu’un bon à rien », « tu ressembles vraiment à ton idiote de mère », etc …
      inversement, lui répéter qu’il est « merveilleux », l’expose à des démentis qu’il recevra de plein fouet.
      La peur de déplaire, le sentiment de ne pas valoir grand chose peut pousser l’enfant à subir sans réagir des remarques désobligeantes, ou à demeurer plus tard avec un partenaire grossier dans la phase du couple.
      Si la politesse s’enseigne, le respect se transmet. Il est contagieux. Si nous savons prendre la défense des autres, nous suscitons ce respect envers nous-même. Une méthode bien simple consiste à savoir dire « oui » ou « non ».
      S’il y a un manque de respect de la part du contradicteur, lui répondre par une note d’humour qui, en générale, le déstabilise, et reçoit les suffrages de l’entourage. Nous l’avons déjà vu. C’est le lien social qui protège de l’irrespect.

      Qui respecte les autres se respecte soi-même, c’est la meilleure voie vers l’estime de soi.

  2. Identifier l’irrespect

    L’irrespect peut être involontaire. C’est lorsqu’on se sent rabaissé dans ses droits, dans sa liberté.
    Inversement le respect c’est reconnaître à l’autre la même humanité, la même valeur qu’à soi-même.
    Lorsqu’un désaccord survient, il faut éviter de surenchérir.
    Il faut oser dire « oui » ou « non », exprimer posément sa pensée, son désaccord, partir éventuellement, pour ne pas laisser l’autre envahir notre espace vital.
    Face à l’irrespect, il ne faut pas se rendre invisible, mais chercher des liens avec les personnes présentes, si possible utiliser l’humour, créer un cordon social protecteur.
    Il ne faut pas hésiter à réagir devant l’agression des autres.

    1. Différents cas d’irrespects

      1. S’imposer face à un adolescent

        L’adolescence est une période de changements radicaux : corps, sexualité, psyché, etc.
        L’angoisse de grandir envahit l’ado qui ira plus loin dans ses actes, pour trouver sa place, au risque même de s’autodétruire.
        Cet acharnement se heurte de suite à l’autorité parentale. L’ado a besoin de tester ses limites, se qui entraîne une prise de recul de la part des parents, et la mise en place de limites, de garde-fous.
        L’ado a tendance à rejeter ses parents, à leur opposer mutisme et méchanceté, voire insultes tout en se culpabilisant.

        Le parent ne doit pas capituler. Contre un mur de béton, l’ado rebondit pour mieux repartir dans la vie. Contre un mur de sable (parents laxistes), il s’étiole, et ne saura, adulte responsable s’affirmer à son tour.
        En dépit des malentendus, une preuve d’amour et de confiance s’installe.

      2. Se faire respecter par ses propres parents

        Il est fréquent de constater que l’autorité parentale saute parfois une génération. Le grand -parent a tendance, à l’occasion, à prendre une décision concernant son petit-enfant sans en parler au parent. Exemple : Lui couper les cheveux, l’habiller à sa guise, l’inscrire à un sport de son choix, etc. C’est un manque évident de respect, vis à vis de la mère ou du père.

        Il est important de remettre de l’ordre dans la relation grands-parents, parents, enfant(s). L’intervention d’une tierce personne est souhaitable si le dialogue est difficile.
        Le grand-parent doit reconnaître son abus de puissance. De même qu’il doit apprendre à garder une certaine distance et présenter des excuses.
        Bien-sur, ce n’est pas toujours facile selon l’éducation reçue ou les valeurs inculquées.

  3. L’affirmation de soi

    1. L’affirmation de soi et le respect dans le couple

      Les manques de respect dans le couple peuvent aller de la banale distraction au mépris humiliant, mais laissent toujours des traces.

      Il est bon de savoir pourquoi on les subit, et comment leur faire barrage.
      La petite pique qui blesse, le gros éclat de voix, l’insulte, la menace, le silence méprisant, sont souvent dû à la fatigue au stress, ou à la vie commune tout simplement.
      Dans l’amour, comme sur un champ de bataille, on marque son territoire, on intimide, on donne des coups, on s’affirme pour défendre sa liberté, ou pour prendre le pouvoir !
      Au fil du temps la plupart des couples trouvent l’équilibre, qui permet à leur relation de durer sans abîmer l’un ou l’autre des partenaires.

      D’autres subissent dans la douleur et le silence, l’irrespect de leur conjoint.
      Cela peut se manifester par : couper la parole, ne pas être attentif à ce que l’autre dit, adopter des postures ironiques, se moquer, imposer, etc.
      L’irrespectueux peut donner une bonne image de lui à l’extérieur. Mais rentré chez lui, il prend ses aises et se permet tout …

      Il ne prend en compte ni les émotions, ni les besoins de l’autre. Il nie l’autre, ce qui indique une indéniable part de haine, due souvent à l’insupportable supériorité de l’autre.
      La sexualité évolue aussi, dans un espace de respect mutuel. Subir l’irrespect en se taisant est un calcul dangereux à long terme pour soi et pour le couple.
      Pour sortir de l’engrenage il faut souvent atteindre un trop plein de souffrances ou parfois un ras-le -bol suffit. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase !

      Dans tous les cas il faut refuse d’être dévalorisé par son partenaire. L’humiliation en public par l’humour, est une arme souvent utilisé pour régler des comptes, révélant une trace de sadisme : « je te fais mal, je me cache et tu ne peux rien dire ».

    2. L’affirmation de soi au travail

      Le travail devient souvent un lieu de souffrances (montée du chômage, médiatisation des suicides).
      Il est facile de redresser la tête face à cinq situations problématiques courantes.

      1. Affirmer mon point de vue dans les réunion

        Ne pas hésiter prendre la parole pour faire connaître mon point de vue, si je crois bien sûr en la véracité de mon point de vue. Je n’obtiendrais peut-être pas l’adhésion de tous, mais je peux entraîner discussion positive.

      2. S’opposer à une décision de mon supérieur

        L’important est de connaître la motivation de cette décision. Prendre contact avec la hiérarchie (ce n’est pas un être tout puissant sur nos vies). Faire entendre mes objections sans que cela me porte préjudice. Des lois me protègent si je suis dans mon bon droit.

      3. Se plaindre de mes conditions de travail

        L’important est d’exposer un problème personnel et non une plainte générale. Une négociation peut aboutir à une solution à laquelle personne n’avait pensé. Je peux même rallier des collègues qui n’avaient rien osé dire.

      4. Dire non à ce qui heurte mes valeurs

        Je parle de mes convictions et renvoie à l’autre mes propres interrogations. Si les autres collègues se posent aussi des questions cela permet d’ouvrir un réel espace de dialogue.

      5. Défendre un collègue menacé

        Ceci est valable surtout dans les cas de harcèlement.
        Il faut prendre le temps de l’écouter, l’aider à évaluer la situation avec justesse. cela peut me permettre de l’orienter vers le tiers à même de l’aider : médecin du travail, psychologue ou psychologue du travail, délégué syndical, avocat, tribunal, etc.

  1. On pourrait résumer qu’en s’affirmant, on aide les autres à s’affirmer à leur tour. A s’estimer à une juste valeur dans le respect réciproque et bienveillant de chacun.